Des signes de rupture à prendre en compte

On ne saurait conduire un exercice prospectif sans s’interroger sur les signes de rupture possible, susceptibles de changer radicalement la donne. Parmi ceux–ci, l’actualité quotidienne nous impose d’identifier les points suivants qui sont déjà très présents dans les débats :
- la rupture pétrolière et plus largement énergétique ;
- la rupture climatique ;
- la rupture économique et financière ;
- la rupture des financements et retraits publics ;
- la rupture sociale voire sociétale….

Cette nouvelle géographie régionale interpelle ! Des choix sont à faire, des politiques fortes sont à mettre en place.
- le mouvement continu de métropolisation doit être reconnu et compris tant par les pouvoirs publics que par les habitants de la région. L’organisation de controverses sur les grands choix de société auquel l’exercice nous convie est une façon de répondre à cet enjeu.
- Ces évolutions fortes doivent être organisées et maîtrisées par des politiques volontaristes et audacieuses en matière d’habitat, de foncier, de transports et de mobilité (organisation des transports, diversification de l’offre…) voire d’équipements ou d’infrastructures structurants (ex LGV/TER, haut débit…) qui tiennent compte des différentes échelles, des enjeux de connectivité et d’articulation (Pôles d’échanges, coopération interterritoriales…).

- Dans le même temps, des initiatives locales et citoyennes portent en elles les germes d’un modèle alternatif à la mondialisation qui remet à l’honneur les valeurs de proximité (circuits courts, économie locale, gestion prudente des ressources, économie circulaire, nouveaux usages de l’innovation en termes de services, trafic calmé, slowfood, diversité de l’offre de mobilité)… et méritent d’être soutenues et accompagnées.
- Dans un contexte d’interdépendance territoriale et de gouvernance, de rareté des ressources publiques, il est nécessaire de travailler sur les leviers dont disposent réellement les acteurs aux différentes échelles. - la stratégie régionale doit en outre s’appuyer sur les phénomènes émergents qui sont autant de pistes possibles à valoriser :
      o Innovation ouverte
      o Economie verte, économie circulaire, économie citoyenne…
      o nouvelles modalités et diversité de l’offre de transports
      o Renouveau démocratique
- Les territoires doivent être repensés/redéfinis à l’aune de ces enjeux dans leurs composantes spécifiques, leur diversité et leur pluri appartenance.
- un tel exercice ne saurait être conduit sans une forte association mobilisatrice des citoyens/acteurs. Il nécessite également de repenser collectivement des valeurs régionales de « vivre ensemble » dans lesquelles la culture jouera un rôle moteur.

On le voit, la Région a un rôle majeur à jouer qui va bien au-delà de celui que lui assigne la réforme territoriale, en tant qu’
      o espace territorial, lieu de convergence, de solidarité et d’articulation des systèmes territoriaux, économiques ou de vie,
      o espace politique, lieu de coordination et de mise en cohérence entre les acteurs,
      o espace citoyen, démocratique, d’écoute des attentes, de reconnaissance